Bolivie





Isla del Sol –du 30 mai au 2 juin

L'île du Soleil-  avec 10 kms de long sur 5 de large, c’est la plus grande-  se trouve sur la partie bolivienne du lac, au large de Copacabana et c’est elle qui a donné son nom au lac. Elle abritait, à l'époque des incas, un sanctuaire où les Vierges du Soleil rendaient hommage à Inti, le Dieu du Soleil.

Ici, ni voitures, ni route. L’île, aride et rocheuse, présente de nombreuses terrasses utilisées pour l’agriculture depuis l’époque pré-inca. Ces habitants vivent de l’élevage, de l’agriculture, de la pêche. Et le tourisme apporte un revenu supplémentaire bienvenu.









C’est donc sur cette ile que, pour les Incas, le soleil serait né. On comprend pourquoi les Incas ont choisi cet endroit. Les paysages sont magnifiques. Les montagnes blanches de la cordillère royale en toile de fond, le bleu cristallin du lac et la terre aride de l’île font de ce lieu l’endroit rêvé pour la naissance de l’astre solaire, le plus important dans la religion Inca. On a vraiment adoré.

 




Non loin de l'île du Soleil, à 7 kilomètres, se trouve l'île de la Lune, appelée également Koati. C'est la deuxième plus grande île du Lac Titicaca et elle possède également des vestiges de l'époque des Incas mais on décide de ne pas y aller. Trop cher.









Visite de l’île en trois étapes :

1. Un bateau nous emmène en deux heures dans le sud de l’île où après l’ascension du grand escalier inca nous posons nos sacs à Yumani, seul village au sud. Les fleurs et les arbres contrastent avec l’aridité ambiante. En face de nous, sur l’autre rive –majestueuse- s’élève la cordillère Royale avec, entre autres, l’Illampú, qui domine du haut de ses 6 368 m.




2. Le lendemain, on part à l’attaque des crêtes par lesquelles une rando traverse l’île du sud au nord par les crètes. Jeanne et Paul nous suivent sur les 10 kms de chemins en pierre. C’est une première. Félicitations à tous les deux, vous êtes des winners !



Paul médite!


Une heure avant d’arriver, nous pique-niquons aux ruines de Chinkana, ancien temple inca construit au dessus d’une baie somptueuse.  La Chinkana est une construction semi-souterraine très particulière à 200 mètres du Temple du Soleil. Elle possède de nombreux couloirs menant à plusieurs salles, d'où son nom de "labyrinthe".
Arrivée à 15h00 à Challapampa, village au bord de l’eau avec beaucoup de charme.

3. Une journée de plus – pas trop prévue- entre plage et balade en barque sur le lac. 


Purée, c'est dur!

On aime ce coin paisible, un peu au bout du monde. On profite de l’atmosphère de ce lieu empreint de spiritualité.



La plus grande partie de l'île est peuplée d'indiens d'origine quechua et aymara, lesquels vivent ici en famille. On y parle les langues ancestrales, mais aussi la langue espagnole. 

L’île est aussi très touristique. Le premier jour, en allant voir les ruines dans le sud de l’île, je repère sur le chemin un groupe de quechuas –pas des quechuas d’ici, mais ceux bien de chez nous qui ont une carte de fidélité- allant dans la même direction. Je décide de les ignorer et les double rapidement.

« Ola, como estan ? »

La Bolivie est très prisée par les français. Mais au bout d’un moment ç’est énervant. On est venu là pour rencontrer du bolivien…

La vie sur l’île est paisible. Des ânes, des cochons et des lamas vont et viennent. Certains pêchent, d’autres cultivent, d’autres préparent des encas pour les touristes qui arrivent en bateau.




Que dire de plus : les nuits sont froides et les hospedaje sommaires.
Le jour de notre départ se tient une réunion de village. Des dizaines d’hommes et de femmes sont assis sur le terrain de foot et semblent échanger. On imagine que c’est un conseil de village où les gens abordent différents points concernant la vie communautaire sur l’île. 

C’est samedi, les enfants jouent sur la plage. Le soleil est là, puissant.




El lago Titikaka -29 mai
Les archéologues n’ont pas terminé de recenser tous les sites précolombiens que les espagnols se sont appliqués à détruire ou enterrer pour mieux s’imposer. Et ceux qui l’ont été ne sont pas forcément mis en valeur…
Toujours est-il que, par exemple, les rives du lac Titicaca accueillirent l’empire de Tiwinaku, la première grande civilisation du continent et que les Incas, des siècles plus tard, s’approprièrent ses connaissances, ses techniques et ses croyances…

Aujourd’hui, le lac Titicaca, à 3812 mètres d’altitude, est le plus haut lac navigable du monde. Avec 204 kilomètres de long sur 65 kilomètres de large, ce lac aux belles eaux bleues est situé à cheval entre le Pérou et la Bolivie, sur l’Altiplano, cette immense plaine andine entre 3800 et 4000 mètres d’altitude.

Le lac est alimenté par les pluies et par les rivières – plus de 25- qui descendent des glaciers des montagnes qui bordent l’Altiplano. Au sud, le lac se déverse dans la rivière Desaguadero. Cependant, cette rivière ne représente que 10 % de la balance hydrique totale du lac puisque c’est l’évapotranspiration due aux forts vents et à l’intense luminosité du soleil qui représentent les 90 % restants. Le Lac Titicaca est donc pratiquement un lac fermé.

On compte 41 îles sur le lac, dont quelques-unes sont habitées, telles les îles Amantani et Taquile du côté péruvien, et l’île du Soleil du côté bolivien.

Selon la légende, le Lac Titicaca, lac Sacré dans la cosmologie andine, serait le berceau de la civilisation inca. Le Dieu Wiracocha, créateur de tout l’Univers, aurait fait sortir de ces eaux Manco Capac et sa sœur-épouse Mama Occlo, avec pour mission de fonder un empire là où se planterait leur bâton d’or.



Copacabana -28 mai

Le lac Titicaca, Copacabana, l’île du soleil, des noms qui sonnent.
Et ben ça y est, nous y sommes pour quelques jours avant de passer au Pérou, ultime étape de notre périple.
A quelques semaines de ce retour qui semble approcher à grande vitesse, l’émotion est forte. Aujourd’hui nous avons quitté La Paz à sept heures du mat pour venir ici. Cinq heures de bus dans l’altiplano, des paysages envoutants…
La route principale étant bloquée, nous avons pris une déviation et sommes passés par le Pérou pour revenir ensuite en Bolivie. Avec évidemment de grands moments aux postes frontières ! La file d’attente est longue, le soleil au zénith... Putain, qu’est ce qu’il y a comme voyageurs, c’est à croire que personne ne bosse.
Et vas-y qu’on doit quitter la Bolivie ( papiers à tamponner ) et rentrer au Pérou ( papiers à remplir et tamponner ) … le tout avec nos neufs sacs prêts à éclater –on a pas acheté trop de trucs là ?
Le passage de la frontière se fait à pied, sous le soleil qui tape bien comme il faut. Les enfants en ont marre, nous aussi.
On remonte dans le bus… ouf
Et vas-y que quelques kilomètres plus loin il faut ressortir du Pérou et rentrer en Bolivie ( et c’est reparti : douaniers, passeports, contrôles d’identité, « Paul t’es où ? Montre ta tête », tampons … Et c’est reparti pour la dernière ligne droite, le passage de frontière à pied. Le bus nous attend plus loin. Ouf (2)

Mais là n’est pas l’important. L’émotion est forte, disais-je. Durant ce long trajet sur l’altiplano, Manu Chao dans les oreilles, les larmes aux yeux, on se rend compte une nouvelle fois de la chance qu’on a d’être ici. Au bout du monde. C’est vraiment magique.

L’arrivée à Copacabana se fait dans la fatigue générale mais après quelques jours à La Paz, nous voici enfin au calme au bord du lac Titicaca, un des plus grands lacs d’Amérique du sud. Au cœur de la cordillère des Andes ! Le lac est traversé par la frontière entre la Bolivie et le Pérou, notre prochaine étape. 
depuis le mirador
depuis notre hôtel



La Paz, la tête dans les étoiles -24 mai

Les bloceos étant toujours aussi importants, on a décidé de prendre une nouvelle fois l’avion pour venir à La Paz, ce qui nous a évité une nuit chaotique dans le bus, stressés à l’idée de savoir que peut-être on arriverait jamais -les accidents de la route sont très nombreux en Bolivie surtout sur cette route menant à la deuxième capitale du pays.




« Bienvenidos à La Paz ». Le pilote vient de se poser dans problème. L’arrivée à la Paz en avion faut la chandelle. C’est une expérience unique que d’arriver par l’atiplano ( les hauts plateaux ) sur cet aéroport situé à 4000m à deux doigts de la cordillère Royale. La suite pour rejoindre le centre l’est tout autant. La descente dans la gueule du loup, 400 m plus bas, se fait par une route en lacets qui dévoile peu à peu un chaos urbain bruyant et bariolé inimaginable de plus de 2 000 000 âmes. La ville est découpée en plusieurs quartiers : El Alto, le quartier des pauvres sur les hauteurs –et oui c’est ici une question de climat (plus rude en haut ), le quartier résidentiel –maisons, immeubles et commerces, le centre historique et le quartier des riches à 3200m avec centres commerciaux et tours de bétons.





La Paz, avec plus de millions d’âmes qui vivent –ou survivent est la capitale la plus haute du monde. C’est une ville assez captivante dans le sens où elle s’étend sur un dénivelle de 1000 mètres entre quartiers aisés ( en bas à 3200 m ) et le haut-plateau populaire de la ville, del Alto ( à 4000 m ).
Entourée d’une centaine de sommets enneigés à plus de 5000m, la Paz s’est développé dans un canyon aride et encaissé et nous sommes contents d’y poser nos valises quelques jours.

La Paz est une ville moderne et authentique à la fois. Des cafés chicos côtoient des comidas familiales qui proposent de copieuses assiettes pour 10 bolos ( l’équivalent de 1,20 euros ). Des boutiques pour touristes et les marchés locaux. Ici comme ailleurs en Bolivie, les rues sont très animées. Vendeurs en tout genre, indiennes en habits traditionnels, costards-cravates qui rentrent du boulot, taxis et collectivos qui roulent comme des cons, cireurs de chaussures… 





La réalité "paceña" c’est aussi pas mal de misère avec les ruraux et indiens qui débarquent et s´installent en ville pour y trouver l´Eldorado ou pour vendre leurs produits. Le logement est critique pour nombre d’entre eux. Ils dorment souvent dans des logements à 30 centimes d’euros la nuit où ils partagent quelques mètres carrés, sans fenêtre et sans eau.
La Paz, c’est aussi des mains tendues dans les rues ... Mais la solidarité n’est pas un vain mot ici, souvent les restaurateurs proposent une assiette (après le service) et les boliviens ont toujours une petite pièce à donner –nous aussi d’ailleurs.


On ne sera restés que quatre jours à La Paz, histoire d’acheter quelques souvenirs -faut dire que les marchés ne manquent pas. Mais finalement, nos aprioris –négatifs-  tombent petit à petit. Même si la ville n’a pas le même charme que Sucre, on l’apprécie beaucoup plus que prévu.

On aime : 

- les marchés disséminés dans tous les coins, notamment le mercado de las brujas plus connu sous le nom de « marché des sorcières ». C’est ici que les boliviens viennent acquérir toutes les potions mystérieuses, herbes, pierres magiques vendus pour soigner les maux les plus divers. Sans oublier les fœtus de lama, véritables institutions dans l’art indigène destinés à protéger une future construction comme une maison, un immeuble ou un pont.

 
Pour les plus curieux, on trouve à La Paz des diseuses de bonne aventure, sur la place de l’église San Francisco, prêtes à prédire l’avenir de n’importe qui ayant foi. Avec comme seul matériel du plomb chauffé et refroidi brutalement. Etant que seul notre présent nous intéresse, nous passerons notre chemin.

-   le quartier colonial, notamment la rue Jaen qui abrite de nombreux musées dont notamment el museo de instrumentos musicales.


Museo de Instrumentos musicales

Ernesto Cavour Aramayo, ex-membre du groupe Los Jairas et spécialiste du charango est à l’origine de ce musée installé dans une vieille maison coloniale de la rue Jaen. Les enfants et Emilie sont restés à l’hôtel pendant que je m’offre une petite sortie citadine en solo. A l’intérieur du musée, une collection variée d’instruments pré-colombiens ( ocarinas et toutes sortes de flûtes ), guitares, charangos en tout genre, ocarinas, flûtes de pan énormes et autres instruments bizaroides de son invention.

Ernesto est là, il donne un cours de charango à un môme qui doit avoir 6 ans et qui se débrouille déjà comme un chef.

Je ressors avec son dernier CD intitulé « Antologia ». Faut dire que le bonhomme a plus de 70 ans aujourd’hui.

Franchement sympa, je le conseille.

-          le quartier autour de la rue Sagarnaga, avec toutes ses boutiques à touristes. Sorti de là, les environs restent authentiques avec des vendeuses de fruits et légumes à même le sol, des vendeuses de viande qui se soucient guère de la chaîne du froid, des cireurs de pompe, etc … 




Notre mention spéciale reviendra au carnaval « Gran Poder » qui, une fois dans l’année met la ville en ébullition. Dans cet unique but, des dizaines (centaines) de troupes s’entraînent toute l’année. Des kilomètres de défilé à travers la ville où danses, musique et costumes tous plus beaux les uns que les autres se marient à merveille devant des milliers de spectateurs installés à la va-vite sur des estrades improvisées. Du matin au soir, c’est un spectacle haut en couleurs. Epoustouflant même !


Sucre
–du 11 au 22 mai 
Après un trajet en taxi très « sportif » pour venir de Potosi –tout ça pour éviter le bus bolivien et gagner une heure de trajet- nous sommes arrivés à Sucre et c’est décidé, on va y rester au moins 10 jours le temps de faire le tour des incontournables de la ville et de prendre des cours d’espagnol.
Le trajet était raide, disais-je. Jeanne a eu envie de vomir durant les deux heures et demi qui nous séparait que notre arrivée. Et nous, nous avions de sérieux doutes. Allait-on arriver vivants ?
Les bus boliviens peuvent soit-disant être dangereux, nous disons de même des taxis. C’est simple, à chaque virage, notre chauffeur, les yeux rouges de fatigue attaquait de son pied droit. Un enfer !  


Nous passerons d'ailleurs de bonnes soirées avec les patrons de l'hôtel! Un grand merci à eux pour leur accueil!

 
Nous voilà donc à Sucre, la capitale constitutionnelle, pour dix jours. Sucre fut construite en 1559. Depuis l’élection d’Evo Morales, le pays est coupé en deux au niveau des opinions politiques –un peu comme en France avec le mariage gai. Et Sucre concentre avec Santa Cruz l’opposition au gouvernement de gauche en place. En discutant avec les gens d’ici, le président ne fait effectivement pas l’unanimité. On lui reproche de surtout privilégier les habitants del campo et d’oublier ceux des villes ( surtout les jeunes ). Notre prof d’espagnol est de cet avis. Elle travaille toute la journée à Fenix, une école d’espagnol, quecha et anglais ( que l’on recommande de part le sérieux des cours ), gagne très très peu, loue un appartement avec sa sœur, n’a pas de voiture et peut à peine joindre les deux bouts. Merci pour tout.

Nous sommes descendus à 2800 mètres et ça fait du bien. Et d’un, on reprend des forces –eu égard à l’effet de l’altitude sur nos petits corps chétifs, et de deux on retrouve des températures estivales durant la journée. Il fait bon vivre à Sucre.

On se balade au marché, on erre dans les différents quartiers... On profite quoi...






Une petite envie de viande???


 


El museo del arte indegina, le musée à ne pas manquer

Situé sur les hauteurs de Sucre, il a déjà l’avantage d’être très bien situé et offre ainsi une belle vue sur la ville.
On recommande ce musée à tous les voyageurs en transit ici car il retrace l’histoire du textile dans la région. Toutes les ethnies des alentours y sont représentées et le musée fait partie d’un programme de développement culturel pour sauvegarder ce savoir faire indigène. On peut admirer des tissages anciens, des instruments de musique et costumes traditionnels mais surtout des tissus magnifiques notamment des communautés :
-          Yampara
-          Jalq’a : le rouge et le noir dominent dans la représentation de créatures fantastiques (khurus) dignes de l’enfer le plus terrible. Les hommes sont minuscules, impuissants face à leurs rêves.
-          Tarabuco : aqsus multicolores avec l’utilisation de bleu ou de violet.




Et puis pour les enfants, el parque Cretacio





Le marché de Tarabuco


Tous les dimanches matin a lieu le marché de Tarabuco, un village queschua situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Sucre. Nous prenons un collectivo pour nous y rendre.









Ce marché traditionnel, au déroulement inchangé depuis des siècles, propose une extraordinaire palette de produits. Les locaux les achètent ou les troquent, ce qui n’est pas là la moindre de ses singularités. Il est aussi une formidable palette de couleurs, que répètent symboliquement les rayures en dégradés bleus, rouges, noirs et verts des ballots volumineux et omniprésents qu’hommes, femmes et enfants transportent partout sur leur dos.










Nous y passons la matinée et mangeons au marché, avec des locaux.






Ce marché, bien que très touristique, nous a plu tant nous avons vu de familles, d’hommes et de femmes en tenue traditionnelle.




Potosi -du 7 au 10 mai
Qui viendrait de « Potojchi » : qui tonne, qui explose

La légende raconte qu’un indien de l’Altiplano se réfugia dans la montagne, à la recherche de son lama. Alors qu’il allumait un feu, les parois se mirent à briller de mille feux… Les indiens se refusèrent de l’exploiter la considérant comme sacrée. Puis les conquistadores arrivèrent avec une conception toute autre du sacre.


« Je suis la riche Potosi, le trésor du monde, la reine des montagnes et la convoitise des rois » dixit Charles Quint qui éleva Potosi au rang de ville impériale, la seule d’Amérique du sud à porter ce titre.

- Potosi et ses 4090m : la ville ( de plus de 100 000 habitants ) la plus haute du monde devant Lhassa et une des villes coloniales les plus belles d’Amérique du sud –apparemment. Effectivement, elle a de la gueule.
- Potosi et ses mines qui expliquent en grande partie le développement du capitalisme européen, du XVIIIème au XIXème siècle. La ville a été au cœur de l’enrichissement de l’Espagne coloniale. L’Espagne qui gaspilla tellement l’argent venu de ces mines qu’elle s’endetta auprès d’autres pays européens, notamment la France.
 - Potosi et ses mines et le génocide qui en découla ( 6 millions d’Indiens aymaras, quechua ainsi que de noirs venus d’Afrique grâce au sacro-saint commerce triangulaire qui moururent d’épuisement, d’empoisonnement à cause des vapeurs de mercure ou de maladies importées d’Europe. 
Germinal au XXIème siècle !

Exploitée pendant trois siècles, les espagnols surnommèrent la mine le cerro Rico « la colline riche ». Pendant trois siècles, des milliers de galeries et d’entrées furent creusées par ces pauvres diables qui n’avaient que des feuilles de coca pour nourriture.

Au début du XIXème siècle, c’est encore de Potosi que venait plus de la moitié de la production mondiale d’argent. Depuis, les filons commencent à s’épuiser et aujourd’hui, seuls 6000 mineurs continuent ce dur labeur pour extraire argent et surtout étain ( un mineur progresse d’environ 50 cm par semaine dans sa galerie et remonte à longueur de journée 30 à 40 kg de minerai sur son dos ). Espérance de vie équivalente. 45 ans ! Les mineurs meurent la plupart du temps de silicose ou accidents dus aux explosions. 
La belle vie quoi.

Nous passerons certainement à côté de quelque chose d’unique humainement mais nous avons décidé de ne pas descendre rendre visite à ces condamnés des couloirs de la mort. Nous ne saurons donc jamais quelle souffrance il y a au fond de ces tunnels – à marteler les parois, à pousser les wagons jusqu’à l’extérieur, tout ça à plus de 50 degrés, nous ne marcherons pas courbés en deux dans ces longs tunnels étroits, nous ne connaîtrons pas les explosions à la dynamite utilisée pour faire sauter les vaines de minerai, nous ne verrons pas les lampes de fond, nous ne connaîtrons pas cet air irrespirable dû aux poussières, salpêtre, amiante et carbure de calcium

Mais on ne le sent pas. Et puis est-ce bien raisonnable éthiquement parlant ? 

Sinon, Potosi c'est la plaza 10 de noviembre  et les rues très animées qui en découlent, les jus de fruits du marché, les étals de légumes et les ptites gargottes pas dégeu du tout, la casa de la Moneda et notre hotel backpackers que l'on recommande ( 50 bolivianos par lit ). Ambiance jeune et décontractée.








Le Sud-Lipez et le salar d’Uyuni –du 3 mai au 6 mai
Avant toute chose, merci à tata Estelle et tonton Nico pour leur participation financière à cette aventure inoubliable ! Et oui c'est vous qui avez payé -en partie !


Ce fut une des plus belles aventures du périple, en tout cas la plus extrême y’a pas de doute. Merveilleux, magique, unique sont les premiers mots qui me viennent. Mais il faut dire que cela se mérite de partir 4 jours entre 4000m et 5300m avec des températures nocturnes inférieures à 5 degrés !

La recette est simple : prenez un 4X4 équipé d’une galerie pour y attacher sacs à dos, bidons d’essence, bouteille de gaz … ; prenez un chauffeur qui connaît le désert comme sa poche ; prenez une cuisinière typiquement bolivienne avec ustensiles et ingrédients, prenez 4somnambules bien motivés et c’est parti pour 4 jours/3 nuits exceptionnels.

Le tout sur des étendues désertiques immenses et sur le plus grand désert de sel au monde, le tout situé entre 3650m et 4200m d’altitude !


Amis baroudeurs, soyez prévenus :
c’est merveilleux mais on en ressort quelque peu fatigués
- écoutez votre corps, en cas de troubles persistants dus à l’altitude genre nausées et hallucinations, il faut vire redescendre –risque d’œdème pulmonaire et cérébral en quelques heures !

Le sud-Lipez est une région de hauts-plateaux qui s’étend au sud ouest de la Bolivie. Ici la tectonique est très active. Pour notre plus grand plaisir, nous cotoyrons pendant quatre jours volcans, sommets inacessibles, lagunes merveilleuses, sources thermales, geysers. Sans oublier les pistes qui nous serviront de guide à à travers cet immense désert.

Les hauts plateaux où broutent paisiblement des centaines de lamas


Ciudad del encanto : comme on avait booké le tour avec l'agence "Ciudad del encanto et ben on a eu le droit de la visiter (seule notre agence a l’autorisation de faire visiter ces formations géologiques étonnantes dues à l'érosion et au vent ). C'est un lieu immense telle une ville au milieu de nulle part.




Pause repas:
La cuisinière fait la bouffe sur le rebord du coffre!




Nuit à San Antonio de Lipez





Entrée dans la Reserva Nacional de Fauna Andina Eduardo Avaroa





Laguna Hedionda

Salar de Chalviri




Termas, Geysers




Laguna Colorada de couleur rouge sang due à des algues microscopiques : entourée de volcans, la lagune abrite flamants et lamas.



Nuit à Huayllajara, dans un hôtel miteux. Altitude : 4700m. Température intérieure entre 0 et 3 degrés.


Dieserto de siloli et l’Arbol de Piedra, un arbre millénaire



Cinq lagunes et leurs flamants roses : Ramaditas, Honda, Hedionda, Charcota et Canapa. Leurs eaux blanchâtres sont le refuge de flamants qui déjeunent tranquillement le bec dans l’eau.






Mirador volcan Ollague : déjeuner face au volcan



Salar de Chiguana

Ejercito de coral

Nuit à l’hôtel de sel à Puerto Chuvica : ici tout est en sel, des murs au sol en passant pas les chaises et les tables. Jeanne et Paul hallucinent !





Le salar d’Uyuni, quant à lui s’étend sur 12 000 km carré. Sur 40 mètres d’épaisseur alternent couches de sel et de glaise. C’est pourquoi il est prudent de ne s’y aventurer que par temps sec et avec un guide local.
La respiration du sel dessine des formes hexagonales sur des milliers de km. Vraiment très esthétique. Et puis le salar, c’est aussi plus de la moitié des réserves de lithium de la planète, peut être de quoi sortir la Bolivie de sa pauvreté et de quoi participer à la fabrication de millions de batteries pour voitures électriques. Mais on y reviendra.

On frappe à la porte. Il est 5h30. Encore une fois, on se lève les yeux plein de sommeil. On (re)charge les sacs sur notre monture, on (re)charge les enfants à l’arrière, mi-endormis, mi-excités. Excités à l’idée de voir ce fameux salar -celui dont tout le monde par ici, on l’est tous.
Bordel : le plus grand désert de sel du monde !


On roule une trentaine de minutes. Puis notre chauffeur coupe le moteur. Le silence est absolu, parfait. Et puis on attend. Dans le froid du matin, l’appareil photo est prêt, disposé sur son pied –merci Claude … On frisonne de bonheur. Et puis au bout de quelques minutes, il se lève. Et tranquillement, doucement, la lueur orangée, élégante, nous dévoile peu à peu le salar et ses formes hexagonales. 



Le moment est magique. Le sommeil a quitté nos yeux, remplacé par une émotion profonde. Une nouvelle fois, la nature fait bien les choses …



Profondeur de champ, quand tu nous tiens !



 










































Emilie et Jeanne jouent les boliviennes!




Visite de l’Isla del pescado et ses milliers de cactus géants.







Hôtel de sel désafecté sur le salar, plus utilisé pour des problèmes de gestion de l’eau.





Be carefull !

Chaud devant !

Montagnes de sel : des hommes piochent à longueur d’années pour dégager des briquettes de sel. Ces dernières sont ensuite expédiées en grande partie vers le Chili tout proche par camion.




















Village de Colchani : marché attrape touristes, rien de spécial. Ici, le sel se 
vend moins cher qu’ailleurs : 2 bolivianos le kg ( 20 centimes ! )




Galaxias, cementerio de las Chulpas





Cementerio de trenes : ces carcasses de trains servaient dans la première moitié du XXème siècle à transporter des minerais jusqu’au Chili ou au Brésil.



Enfin, arrivée à Uyuni àprès 900 kms de piste. Ouf !


Départ pour Potosi dans un taxi tuné et conduit par un branleur gominé. On attendra 2 heures que le taxi se remplisse avant d’entamer les trois heures de route pour Potosi. Heureusement encore de belles rencontres nous attendaient sur ce trajet.



La coca -10 mai
Quant tu te balades en Bolivie, la première chose que tu remarques, c’est la taille des joues des autochtones.
On connaît tous le coca-cola, la boisson la plus consommée au monde –même au fin fond de l’Afrique et la cocaïne, une des drogues les plus en vogue dans tous les pays riches. Qu’en est-il des feuilles de coca ?
La coca fait partie de la culture traditionnelle des Andes. Les paysans du haut-plateau et les mineurs l’ont toujours utilisé pour supporter la rudesse du climat et celle de leur travail. Elle est en effet réputée pour ses propriétés anesthésiantes, stimulantes et nutritives… C’est une plante dont les feuilles sont consommées depuis la nuit des temps par les Tiwanakotas et les Incas et ne possède qu’une quantité infime d’alcaloïdes. Evo Morales a toujours défendu les cocaleros –producteurs de coca- face aux pays occidentaux qui souhaiteraient faire éradiquer cette plante qu’ils assimilent à la cocaïne. On en oublierait presque les laboratoires de synthèse qui la transforme… D’un autre côté c’est vrai que la Bolivie produit 30% de la production mondiale de feuilles et désormais d’immenses surfaces sont uniquement destinées au narco-trafic.

Pas encore essayé de mâcher les feuilles, en tout cas le maté de coca c’est bien bon. 

Géographie/Environnement -7 mai
La Bolivie semble abriter des espaces naturels uniques. Il existe actuellement une vingtaine de réserves naturelles protégées qui abrite une végétation fascinante de richesse et de végétation : puya raimondi, fleurs, orchidées –dans les vallées, cactus –salar d’Uyuni, plantes carnivores –Amazonie, eucalyptus –importé pour les projets de reforestation.
Néanmoins, la surexploitation minière qui dure depuis des siècles engendre la dis
persion de métaux lourds toxiques dans l’air, dans l’eau, partout. Le pays est évidemment dépendant de cette activité mais l’impact écologique est lourd, sans parler des risques sanitaires pour les populations.

Autre explication de son retard économique et de son enclavement : la Bolivie est le seul pays avec le Paraguay à ne pas avoir d’accès à l’océan. Elle en possédait un jusqu’en 1883, date à laquelle elle perdit la « guerre du Pacifique » face au Chili. Depuis, des tensions persistent entre les deux pays. 

Sachez que la Bolivie est 2 fois plus grande que la France et se divise en 5 régions dont entre autres l'altiplano et les vallées.

Notez enfin que la capitale constitutionnelle est Sucre et non La Paz.


Parcours prévu avant de rejoindre le Pérou :




Bolivia, passage de la frontière à pied -30 avril
Après deux heures de route depuis Tilcara, dans un bus Panamericano de qualité très modeste, nous arrivons à La Quilca, ville argentine à la frontière bolivienne. 
Il est 14 heures, le soleil tape fort encore à cette heure-ci.


Comme à chaque arrivée c’est le branle-bas de combat avec les sacs : les récupérer au niveau des soutes du bus tout en surveillant les enfants et nos sacs à main. Mais ça c'est désormais rôdé.



Le pays possède des frontières avec 5 pays : le Paraguay, le Brésil, le Pérou, le Chili et l’Argentine par laquelle nous entrons.
Cette fois, ce ne sera ni en avion, ni en bus mais bel et bien à pied que nous passerons la frontière. Faut avouer que ça a beaucoup plus de charme. C'est donc avec la banane que nous nous présentons au poste frontière.
Une fois les formalités réglées, une fois les sacs de nouveau sur le dos, y’a plus qu’à traverser le pont, toujours sous le soleil et voilà : Villazon, Bolivie
Même si le décor reste le même au niveau des couleurs, des constructions, de l’ambiance dans les rues, la traversée de Villazon à pied -le temps de trouver un bus- ne laisse pas indifférent. 
Les boliviens, et surtout les vieilles boliviennes –traditionnelles pour la plupart ont leur style. Et quel style !
Bolvie, on t'aime déjà.


Tupiza -1er mai
La fête du travail est aussi un jour férié en Bolivie mais nous n’avons trouvé aucun défilé dans lequel nous immiscer. En tout cas, à tous, un bon 1er mai !

Tupiza est une petite ville entourée de curiosités géologiques dans laquelle nous restons 3 jours le temps de préparer notre excursion dans le Sud-Lipez et Salar d'Uyuni. Jeanne s'adapte peu à peu à l'ambiance très typique des marchés de la ville, Paul semble y être indifférent -en gros il s'en fout d'être ici ou dans le fin de la Mongolie- et nous, on sent que la Bolivie va nous plaire. Les gens sont plutôt sympas, le fait qu'il y ait les enfants aident beaucoup et c'est partout dans la ville qu'on discute à droite à gauche. Et d'où on vient, et qu'est ce qu'on fait ...
Bonne ambiance... énormément de rencontres.

Tupiza, c'est aussi la chouette rencontre avec 2 étudiantes de Rennes en vadrouille : les filles, vous êtes adorables ! Merci pour les bracelets.





Population indigène
La Bolivie est le pays, avec le Pérou, qui compte la plus grande majorité d’indigènes en Amérique du sud. Les Boliviens sont 10 millions et 60% d’entre eux sont quechuas ou aymaras. Sachant qu’ils vivent surtout dans la partie andine et les vallées. C’est à partir de la révolution de 1952 que les ethnies boliviennes se sont organisées face aux minorités de blancs et de métis qui contrôlaient le pays. C’est ainsi qu’ils ont peu à peu réussi à faire reconnaître certains droits.
Toujours est-il que le terme indio semble toujours avoir en 2013 une connotation péjorative.





Aujourd’hui cohabite en Bolivie une diversité humaine importante : aymaras, quechuas, guaranis, blancs, métis, communautés d’allemands, immigrants japonais, indiens et quelques noirs. Cette question des origines ne posent problème que lorsqu’il y a des confrontations économiques et politiques.



Evo Morales
Avant d’entamer sa carrière politique, Evo Morales vit près d’Oruro, d’abord éleveur de lamas avec ses parents, il devient ensuite boulanger, avant Le Chaparé dans les années 1985, avec les milliers de mineurs licenciés.

Il remporte d’abord son premier mandat en 2005 avec 53,7% des voix et devient le premier indigène à être élu au suffrage universel en Amérique latine –avec son « gouvernement des mouvements sociaux ». Le 1er mai de l’année suivante, il nationalise le gaz et le pétrole bolivien. Il est ensuite réélu en 2009 avec 65% des voix. Beaucoup de tensions semblent persister depuis. Ses opposants lui reprochent ses liens avec les leaders de la gauche mondiale, comme Lula, Chavez ( paix à son âme) ou Raul Castro. En tout cas, des investissements envers les populations indigènes se poursuivent en matière de santé et d’éducation, même si les efforts ne sont pas toujours récompensés. Mais on y reviendra...

14 commentaires:

  1. Ben alors Cédric, pas encore en Bolivie, qu'est-ce tu fous?

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  2. Nous sommes très heureux de savoir que vous êtes bien arrivés en Bolivie. Vite la suite demande Alex! Coralie, Tom et Soulémane et tous les autres attendent aussi de voir les prochaines photos, surtout le désert de sel et l'hôtel en sel.
    Les élèves de la CLIS de Thibault

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  3. Tout simplement magnifique!!!!trop trop beau, je vous embrasse tous les 4!!!

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  4. Michèle mamy d'Antoine et Margot12 mai 2013 à 19:36

    Bravo aux photographes!Super les photos!Suivre vos aventures est toujours aussi passionnant et enrichissant.Bonne continuation Cordialement

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  5. Heureux d'avoir été un peu "avec vous" pour cette si belle expérience!
    Toujours autant impressionnés par vos photos, on voit que l'altitude vous réussie et tant mieux! Impressionnant vraiment, quelle chance
    Plein de bisous à vous 4
    Tata Estelle&Tonton Nico...

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  6. c'est vrai que vos photos sont superbes et originales ! J'adore les nattes de votre cuisinière. Sympas les boliviens de se prêter au jeu ! Bisous

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  7. C'est beau, passionnant, déroutant, différent, enfin j'adore ..... Encore merci de le partager avec nous. Et félicitations pour vos photos et vos commentaires. Je vous bise fort.
    Tata Cathy

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  8. Je suis en train de rattraper mon retard sur votre blog. Quel plaisir de nous faire parvenir tout celà. C'est génial de voir ces photos donc en "vrai", je n'ose imaginer. Je vous embrasse très fort.

    Mélanie (Taussat)

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  9. Tout a déjà été dit ! c'est MAGNIFIQUE !
    Les "effets d'optique" sont hallucinants !!! Bravo au photographe
    ... A suivre ...
    Tendres Bisous à vous 4

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  10. C'est encore plus vrai que dans les reportages télé. Vos photos sont très belles. Ici la pluie que nous avons ferait fondre tout ce sel et même le sucre...Avons hâte de vous rencontrer.Pleins de Bises à Jeanne et à Paul. Les parents de D et C du 63.

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  11. Il faut que je cherche dans le dico d'autres superlatifs pour décrire à quel point ça fait du bien de vous lire et de voir vos sublimes photos !!! Vous irradiez tellement de bonheur qu'on en prends un peu au passage !!! Alors merci,merci et encore merci.... Profitez encore et encore !! Tout est magnifiques: vos écrits qui nous instruisent, vos photos et vous !!!
    Bizzzzzzz, Aurélie K

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  12. Incroyables paysages ! Vos photos sont magiques et très drôles ! :-)

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  13. vraiment inoui moi je n'aime pas le soleil mais regarder les voyages des autres m'interesse enormement tres beaux paysages j'espere que vos enfants en garderons de tres bons souvenirs

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